La maladie mentale à visage découvert

Premières nations

À propos du bien-être

Dans plusieurs collectivités des Premières nations, une bonne santé était et est encore souvent le résultat d’un équilibre de la totalité de l’être, «intelligence, corps et esprit».

La santé mentale n’est qu’une composante d’un réseau complexe du tissu généalogique des peuples autochtones. Pour les Premières nations, l’histoire, la culture, les traditions, la spiritualité et l’identité sont autant d’éléments essentiels au bien-être et à une bonne santé mentale. Sans ces fondements essentiels, le bien-être et la bonne santé ne peuvent être atteints. (Source : ONSA)

Par le biais d’un dialogue et d’une consultation étendus, le Comité consultatif en santé mentale a aidé à élaborer une définition du bien-être mental qui est accepté par les Premières nations. Le bien-être mental est décrit comme étant :

« le parcours d’une vie pour atteindre le bien-être et l’équilibre du corps, de l’intelligence et de l’esprit. Le bien-être mental comprend l’estime de soi, la dignité personnelle, l’identité culturelle et la connectivité en présence d’un bien-être harmonieux du physique, de l’émotionnel, du mental et du spirituel. Le bien-être mental doit être défini en fonction des valeurs et croyances des Inuits et des Premières nations. »
(Source: Cadre de travail sur le bien-être mental, Comité consultatif sur le bien-être mental, 2002)

Le Comité consultatif en santé mental a aidé à développer une vision large du bien-être mental pour les Premières nations et les Inuits). Cette vision est la suivante :

« Les Premières nations et les Inuits envisagent l’atteinte de la santé dans sa totalité (bien-être physique, mental, émotionnel, spirituel, social et économique) par le biais d’une approche approfondie et coordonnée qui respecte, valorise et utilise les connaissances, méthodologies, langues et façons de connaître traditionnelles ».

Roue de la médecine

Le chiffre quatre est profondément sacré pour les Premières nations. La roue de la médecine est un ancien symbole abstrait autochtone qui représente « le caractère sacré du quatre ». Il est utilisé par plusieurs Premières nations et métis comme étant un symbole de la vie, de la santé et des valeurs d’un individu, d’une collectivité ou d’une nation. On croit généralement qu’il est venu des cultures indigènes des grandes plaines, mais il est utilisé par de nombreuses cultures différentes à travers l’Amérique du Nord. Cependant, il n’est pas utilisé dans toutes les traditions de toutes les Premières nations et tous les Métis. Il ne s’agit pas d’un concept inuit et n’est utilisé d’aucune façon dans les pratiques culturelles des Inuits.

Chaque nation possède ses propres concepts, relations et enseignements au sujet de la roue de la médecine, mais à titre d’exemple, voici quelques renseigenments sur la roue de la médecine d’un point de vue Ojibway (ou Anishinaabe).

Comment le chiffre quatre fonctionne-t-il pour la roue de la médecine?
Habituellement, quatre rayons forment quatre quadrants dans la roue. Les quatre quadrants peuvent représenter plusieurs idées ou concepts différents ainsi que leur relation avec les autres, l’univers et l’individu, telle que :

  • Les quatre directions;
  • Les quatre saisons; 
  • Les quatre parties d’une personne : le mental (intellect), le physique (corps), le spirituel et l’émotionnel;
  • Les quatre stades de la vie : l’enfance, la jeunesse, l’âge adulte et la vieillesse;
  • Les quatre couleurs distinctes qui ont aussi des significations symboliques.

Il y a également quatre remèdes sacrés qui représentent chaque couleur et direction du vent :

  1. Wiingashk (foin d’odeur) représente les cheveux de la Terre Mère, elle est donc souvent tressée. Il est reconnu pour son odeur agréable quand les gens s’en servent pour se purifier. Ils allument alors un bout de la tresse, qui produit une fumée servant à purifier.
  2. Semma (tabac) sert à offrir des prières au Feu sacré où on fait brûler le Semma et des paquets de tabac. Le Semma est aussi utilisé dans les Pipes sacrées.
  3. Keezhik (cèdre) est débarrassé des branches et sert à faire de la fumée. Le Keezhik est aussi très utile pour se purifier et aide à éliminer l'énergie négative.
  4. Shkodawabuk (sauge) sert également pour la fumée. La sauge et le cèdre sont des produits médicinaux pour les femmes. Ce sont les seuls produits que les femmes sur leur lune peuvent utiliser pour la fumée.

Ressources

An Annotated Bibliography: Cultural Intervention Models in Mental Health (Mai 2006)
Fournit un inventaire de littérature savante sur les considérations et les interventions dans le domaine de la santé et du bien-être mentaux, centrée principalement sur les peuples autochtones et indigènes (Organisation nationale de la santé autochtone – Centre des Premières nations).

Traditional and contemporary approaches to youth suicide prevention
Produit par l’Association des Premières nations (mars 2007).

What is the Medicine Wheel
Une description de la roue de la médecine produite par le Réseau canadien de la santé avec l’aide de l’Organisation nationale de la santé autochtone.

Speaking Notes For Dr. Valerie Gideon
Au directeur du Comité Kirby sur la santé mentale, la maladie mentale et les toxicomanies, Secrétariat à la santé et au développement social de l’APN.

Reinventing a partnership: more than a necessity for First Nations' mental health 
Présente un mémoire qui examine les conditions de la santé mentale des Premières nations et leur lien aux oppressions passées et à l’impasse actuelle des cultures organisationnelles existantes.